Noms et Titres du Pharaon dans l'Égypte Ancienne
Dans l'Égypte antique, chaque roi, ou pharaon, possédait une titulature royale officielle appelée les Cinq Noms Royaux. Cette titulature exprimait le pouvoir politique, la légitimité et la nature divine du souverain. Elle se composait de cinq titres distincts : le Nom d'Horus, le Nom des Deux Maîtresses (Nebty), le Nom d'Horus d'Or, le Nom de Nesout-Bity (Prénom ou Roi de Haute et Basse-Égypte) et le Nom de Sa-Rê (Nom de naissance ou Fils de Rê).
Ces cinq noms permettaient d'affirmer l'autorité du pharaon auprès du peuple égyptien tout en confirmant son origine divine.
Au-delà de cette titulature royale, l'histoire de l'Égypte ancienne est marquée par de nombreux rois et reines légendaires qui ont profondément influencé le développement de cette civilisation. Parmi eux figurent Toutânkhamon, Thoutmôsis III, Hatchepsout, Narmer (Ménès), Ramsès II, Akhenaton, Khéops, Djéser, Snéfrou, Khéphren, Néfertari, Pépi II, Cléopâtre VII, Séthi Ier, Taousert, Djédefrê, Mykérinos, Ounas, Montouhotep II et Montouhotep III, dont les réalisations continuent d'émerveiller les passionnés d'histoire du monde entier.
Le Nom d'Horus
Le Nom d'Horus, parfois appelé à tort le Nom du Ka ou le Nom de la Bannière, représente le roi comme l'incarnation terrestre du dieu faucon Horus. Ce dernier devint le dieu protecteur de la dynastie égyptienne et fut progressivement associé au dieu solaire Rê.
Ce nom était généralement inscrit à l'intérieur d'un cadre rectangulaire appelé Serekh. La partie inférieure du serekh reproduisait la façade décorée des anciens palais ou des mastabas de l'Ancien Empire, tandis qu'au sommet figurait un faucon représentant Horus. Durant la XVIIIe dynastie, ce faucon fut parfois représenté couronné et accompagné du disque solaire ainsi que de l'uræus.
Les spécialistes débattent encore de la signification exacte du serekh. Représentait-il le palais royal ou la tombe du souverain ? La plupart des égyptologues privilégient aujourd'hui l'hypothèse du palais royal, puisque le Nom d'Horus constituait la désignation principale du roi à l'époque archaïque.
Ce titre entretenait également une relation étroite avec le Ka, l'énergie spirituelle ou la force vitale du souverain. Il symbolisait ainsi Horus vivant à travers le roi régnant.
Le Nom de Nebty (Les Deux Maîtresses)
Le Nom de Nebty, également appelé Nom des Deux Maîtresses, fait référence aux deux principales déesses protectrices de l'Égypte unifiée :
- Nekhbet, la déesse vautour protectrice de la Haute-Égypte.
- Ouadjet, la déesse cobra protectrice de la Basse-Égypte.
Avant l'unification du pays, ces deux divinités représentaient chacune un royaume distinct. Nekhbet était vénérée à El Kab, tandis qu'Ouadjet était honorée dans la ville de Bouto (ancienne Dep).
Selon la tradition, Ménès (Narmer), fondateur de la Ire dynastie, fut probablement le premier souverain à adopter le Nom de Nebty afin de symboliser officiellement l'unification de la Haute et de la Basse-Égypte.
Ce titre rappelait que le pharaon gouvernait désormais les Deux Terres sous la protection des deux déesses.
Le Nom d'Horus d'Or
Le Nom d'Horus d'Or demeure l'un des titres royaux les plus mystérieux de l'Égypte ancienne.
À l'époque grecque, la Pierre de Rosette interprétait ce symbole — Horus placé au-dessus du signe de l'or — comme représentant Horus victorieux de Seth, dieu d'Ombos près de l'actuelle Qena.
Cependant, les inscriptions plus anciennes suggèrent une signification différente. Le symbole du faucon d'or apparaît dès la XIe dynastie, tandis qu'un texte de la XIIe dynastie désigne explicitement ce titre sous l'appellation de « Nom d'Or » (rn-n-nbw).
Aujourd'hui encore, les spécialistes débattent de son interprétation exacte. Pour beaucoup, il symboliserait davantage l'éternité, la perfection divine et l'autorité intemporelle du souverain plutôt qu'une victoire militaire.
Le Nom de Nesout-Bity (Prénom Royal)
Le Nom de Nesout-Bity, également appelé Prénom Royal, suit le titre hiéroglyphique nsw-bit, qui signifie littéralement « Celui du roseau et de l'abeille ».
Le roseau symbolise la Haute-Égypte, tandis que l'abeille représente la Basse-Égypte. Ensemble, ils expriment le titre officiel de Roi de Haute et Basse-Égypte.
Le prénom royal est presque toujours associé au dieu solaire Rê. Parmi les exemples célèbres figurent :
- Shtp-ib-Rê (« Celui qui apaise le cœur de Rê »), porté par Amenemhat Ier.
- Neb-Maât-Rê (« Seigneur de la Maât est Rê »), porté par Amenhotep III.
À partir de la IVe dynastie, avec Khéphren (Rê-Kha-f), le nom du dieu Rê devient un élément essentiel des titulatures royales.
Le prénom royal, tout comme le nom de naissance, est inscrit dans un cartouche, une boucle ovale entourant les hiéroglyphes royaux. Les anciens Égyptiens appelaient ce symbole shenou, dérivé du verbe signifiant « entourer ». Il représentait la domination du roi sur tout ce que le soleil encerclait, autrement dit l'ensemble du monde connu.
Le Nom de Sa-Rê (Nom de Naissance)
Le Nom de Sa-Rê, ou Nom de naissance, est précédé de l'expression « Sa-Rê », qui signifie « Fils de Rê ».
Contrairement au prénom royal adopté lors du couronnement, ce nom correspond au nom porté par le futur pharaon avant son accession au trône. Il constitue l'équivalent de notre nom personnel.
Les premiers souverains à distinguer officiellement le prénom royal du nom de naissance furent les rois de la Ve dynastie.
Les cinq noms de la titulature royale suivent toujours un ordre précis et immuable. Parmi eux, le Nom de Nesout-Bity demeure le titre principal, souvent utilisé seul ou accompagné uniquement du nom de naissance. Le Nom d'Horus, quant à lui, servait plus rarement à identifier officiellement le souverain.
Le Roi, le Souverain et le Titre de Pharaon
Le terme le plus courant pour désigner un roi en égyptien ancien était « nsw ». Un autre terme, moins fréquent, était « ity », généralement traduit par « souverain ». Le mot « nb », signifiant « le Seigneur », était également utilisé pour désigner le roi.
Quant au mot « pharaon », son origine est différente de ce que l'on imagine souvent. Le terme égyptien « pr-aa » signifiait à l'origine « la Grande Maison », c'est-à-dire le palais royal ou la cour, et non le souverain lui-même.
À partir de la fin de la XIIᵉ dynastie, l'expression devient « pr-aa ankh oudja seneb », qui signifie : « Que la Grande Maison vive, soit prospère et en bonne santé ». Malgré cette évolution, le terme continuait à désigner le palais plutôt que le roi.
La première preuve certaine où « pr-aa » fait directement référence au souverain apparaît dans une lettre adressée à Amenhotep IV (Akhenaton), où le pharaon est appelé « pr-aa ankh oudja seneb neb ».
À partir de la XIXᵉ dynastie, le mot « pharaon » commence à être utilisé comme un véritable titre royal, à l'image de l'expression « Sa Majesté ».
Toutânkhamon
Toutânkhamon, surnommé le « Roi Enfant », monta sur le trône durant la XVIIIᵉ dynastie alors qu'il n'était encore qu'un adolescent. Il est aujourd'hui célèbre dans le monde entier grâce à la découverte de son tombeau presque intact en 1922 par Howard Carter.
Son tombeau renfermait plus de 5 000 objets, parmi lesquels son célèbre masque funéraire en or, devenu l'un des symboles de l'Égypte antique.
Bien que son règne ait été relativement court, Toutânkhamon joua un rôle essentiel dans le rétablissement des anciennes traditions religieuses après les réformes monothéistes d'Akhenaton. La découverte de sa tombe demeure l'une des plus importantes trouvailles archéologiques de tous les temps.
Thoutmôsis III
Connu sous le surnom de « Napoléon de l'Égypte antique », Thoutmôsis III fut l'un des plus grands stratèges militaires de l'histoire égyptienne.
Durant la XVIIIᵉ dynastie, il étendit les frontières de l'empire depuis l'Euphrate, au nord, jusqu'à la Nubie, au sud. Sa victoire décisive à la bataille de Megiddo fit de l'Égypte la principale puissance du Proche-Orient.
En plus de ses exploits militaires, Thoutmôsis III lança de nombreux projets architecturaux en faisant construire des temples et des monuments dans tout le pays. Son règne fut marqué par une période exceptionnelle de prospérité, de stabilité et d'expansion territoriale.
Hatchepsout
Hatchepsout est l'une des plus célèbres femmes souveraines de l'histoire de l'Égypte ancienne.
À la mort de son époux Thoutmôsis II, elle devint régente de son jeune beau-fils Thoutmôsis III, avant de se proclamer elle-même pharaon.
Son règne, qui dura près de 22 ans, fut marqué par la paix, la prospérité économique et d'ambitieux programmes de construction, notamment son magnifique temple funéraire de Deir el-Bahari, considéré comme l'un des chefs-d'œuvre de l'architecture égyptienne.
Hatchepsout développa également le commerce international, notamment avec le mystérieux Pays de Pount, d'où furent rapportées de nombreuses richesses et des produits précieux.
Après sa mort, Thoutmôsis III fit effacer son nom et son image de nombreux monuments afin de réaffirmer son autorité et d'effacer le souvenir de son règne.
Le Roi Ménès (Narmer)
Narmer, souvent identifié au roi Ménès, est considéré comme le premier pharaon à avoir unifié la Haute et la Basse-Égypte vers 3150 av. J.-C.
Fondateur de la Iʳᵉ dynastie, il posa les bases d'un royaume centralisé qui allait durer plus de trois millénaires.
On lui attribue également la fondation de Memphis, future capitale politique et administrative de l'Égypte ancienne.
Narmer lança plusieurs grands travaux d'ingénierie, notamment la modification du cours du Nil afin de protéger Memphis contre les inondations.
Son règne marque le véritable commencement de la civilisation pharaonique.
Ramsès II
Ramsès II, surnommé « Ramsès le Grand », fut l'un des plus puissants souverains de l'Égypte ancienne.
Il régna durant la XIXᵉ dynastie, de 1279 à 1213 av. J.-C., et dirigea une armée qui aurait compté près de 100 000 soldats.
Il est célèbre pour la bataille de Qadesh, mais également pour ses impressionnants programmes de construction, notamment les temples monumentaux d'Abou Simbel et le Ramesseum.
Son influence fut telle que plusieurs pharaons adoptèrent par la suite son nom.
Son long règne demeure l'un des plus brillants de toute l'histoire de l'Égypte antique.
Akhenaton
Akhenaton régna de 1353 à 1336 av. J.-C. et bouleversa profondément la religion égyptienne.
Il imposa le culte exclusif d'Aton, le disque solaire, rompant ainsi avec plusieurs siècles de polythéisme.
Cette période, connue sous le nom de période amarnienne, transforma également l'art, l'architecture et la culture égyptienne.
Son épouse Néfertiti joua probablement un rôle politique majeur, certains spécialistes estimant qu'elle partagea le pouvoir avec lui.
Après la mort d'Akhenaton, les anciens cultes furent rapidement restaurés et la plupart de ses réformes religieuses furent abandonnées.
Malgré cela, son règne demeure l'un des plus fascinants et controversés de toute l'histoire égyptienne.